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Le Nécessaire Equilibre entre Répression et Prise en Charge

La consommation de la drogue en Afrique de l’Ouest prend des proportions très inquiétantes et la Côte d’Ivoire n’est pas une exception. Peu importe l’âge ou le sexe, le cannabis, la cocaïne et le chanvre indien continuent de ronger la société ivoirienne et de détruire des vies.


L’Afrique de l’Ouest est une région à la fois de transit et de consommation de drogue mais aussi une plaque tournante du trafic de cocaïne et de drogues diverses entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Pour la seule année 2013, ce sont 51 arrestations et 44 saisies de drogues qui ont été enregistrées en Afrique de l’Ouest. « Il s’agit notamment de 72,55 kg de cocaïne, 103,94 kg de cannabis, 1,51 kg d’héroïne et 98,37 kg de stimulants de type amphétamine dans les aéroports de Praia, Lomé, Dakar, Cotonou, Lagos, Bamako et d’Abidjan », indique Niouma Koivogui, officier régional spécialisé du Bureau régional d’Interpol basé à Abidjan. Au plan national, la Côte d’Ivoire enregistre aussi des saisies importantes. Le capitaine de police Dakouri épouse Kouakou Yvonne indique que malgré les efforts dans la lutte, « le trafic et la consommation de la drogue persistent en Côte d’Ivoire ». La responsable de la Cellule de formation de la direction de la police des stupéfiants et des drogues livre les chiffres les plus actualisés. En 2014, c’est 1 kg de cocaïne contre 20 kg en 2013, une tonne de cannabis contre deux et un kg d’héroïne qui ont été saisies.


La consommation toujours d’actualité Abidjan compte aujourd’hui un nombre important de fumoirs. Des hauts lieux du trafic de drogue qui, chaque jour,accueillent des curieux ou des adeptes de longue date de la consommation des stupéfiants. Aussi bien en milieu urbain que de plus en plus dans les zones rurales, les consommateurs de drogue se comptent par centaine. Selon Aboudou Soro, économiste de la santé et chargé de plaidoyer de l’ONG Médecin du monde, « la drogue se consomme sous différentes formes en Côte d’Ivoire ». La consommation de drogue la plus élevée est celle de l’héroïne par voie inhalée (cigarette) dans 100% des cas. La cocaïne sous forme de crack est de 80%. Les cas d’injection sont peu fréquents mais ils représentent tout de même 12,7% pour ceux qui l’ont essayé et 3,6% pour ceux qui la pratiquent. Pour les cas de consommation associée et d’overdose, le tabac représente 88,9%, le cannabis 89,6%, l’alcool 42,9% et les médicaments 16,4%.15,3% des consommateurs rapportent des cas de pertes de conscience liés à la consommation de la drogue au cours de l’année 2014. De nombreux consommateurs de drogue vivent avec d’importants problèmes de santé dont la prise en charge devient de plus en plus lourde au fil des années. A titre d’exemple, le taux de prévalence de VIH-SIDA dans le milieu des drogués est de 9,8%. Concernant les autres infections, ce sont 2,9% de cas confirmé pour la tuberculose pulmonaire, 10,9% hépatite B, 2,4% hépatite C et 2,4% de cas de syphilis ! La promiscuité dans les milieux de la pègre et dans les fumoirs, les échanges de seringues et la prostitution en échange de doses contribuent à la propagation de ces infections sexuellement transmissibles ou hautement pathogènes.

Par Suy Kahofi, Cliquer pour l’article complet

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