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Plaidoyer auprès des Leaders Religieux pour Renforcer la Prévention et Faciliter l’accès aux Soins d

En 2011, le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) et le Centre régional de recherche et de formation sur la prise en charge du VIH/sida (CRCF) ont conduit une enquête sur les usagers de drogues au Sénégal (UDSEN). L’enquête portait sur la prévalence et les pratiques à risque d’infection à VIH, VHB et VHC chez les consommateurs de drogues dans la région de Dakar. Selon les résultats de l’enquête, le nombre d’injecteurs de drogue dans la région de  Dakar et son agglomération est estimé à 1324. La prévalence du VIH est de 9,4% chez ces derniers, 21,1% chez les femmes injectrices et 7,5 % chez les hommes.

Le Sénégal, s’est alors engagé à traiter l’utilisation des drogues comme un problème de santé publique avec l’ouverture du Centre de Prise en Charge Intégrée des Addictions de Dakar (CEPIAD). Une référence en Afrique de l’Ouest, le centre combine réductions des risques et activités liées à l’autonomisation des consommateurs de drogues (ergothérapie, réinsertion professionnelle, activités de convivialité, auto-support, etc.). Aussi faudra-t-il ajouter le traitement de substitution aux opiacés par méthadone, la prise en charge addictologique, somatique et psychiatrique des dépendances, le conseil et dépistage du VIH.

Cependant, force est de constater que les lois en matière de drogues sont toujours punitives comme partout ailleurs dans la sous-région, ce qui limitent les programmes de réductions de risques envers les usagers de drogues sur l’ensemble du territoire national et perpétue également la stigmatisation des ces derniers.

C’est à travers ce constat que le Réseau National des intervenants de la Société civile sur les Drogues (RNSD) qui est la section du Sénégal du Réseau Ouest Africain des Politiques en Matière de Drogues (WADPN) a établi son plan de plaidoyer couvrant la période de juin à novembre 2016 avec l’assistance technique de l’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI) et le soutien financier de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) pour les réformes des lois en matière de drogues.

Parmi les activités inscrites dans le plan de plaidoyer, il faut noter des ateliers de plaidoyer pour la prévention, l’accès aux soins et le respect des droits humains au profit des consommateurs de drogues auprès des institutions clés de l’Etat, leaders religieux et les hommes en uniforme.

C’est dans cet élan que le RNSD a organisé ce 30 Juillet 2016 à Dakar, l’atelier de plaidoyer auprès des leaders religieux de tous bords dans le but de partager avec ces dernier, les dernières informations relatives aux drogues afin de renforcer leurs capacités et engagement dans le plaidoyer pour les reformes politiques en matière de Drogue.

Sous la facilitation de deux spécialistes sur les questions de drogues, de techniques de communication adaptée au Plaidoyer, l’atelier a utilisé une approche participative et interactive basée sur un dialogue ouvert, le partage des expériences et des discussions ciblées en groupe suivi de séance plénière et de travaux de groupes.

Dans son discours officiel d’ouverture de cérémonie, le vice-président de (RNSD) Mr Bamar Gueye a, en présence des représentants d’ONUSIDA, du CILD, des Imams, des leaders religieux, remercié WACSI et OSIWA pour leur appui constant ainsi que tous les acteurs impliqués dans la réalisation et la réussite de l’atelier.


Il a aussi ajouté que Le RNSD veut faire des religieux ses alliés naturels qui doivent s’engager à accompagner le RNSD du fait de leur charisme, leurs capacités à convaincre, leur sens de l’écoute et la crédibilité de leur message.

Massamba Sarr représentant le Commissaire Mactar Diop, Coordonnateur National du CILD a, à son tour, insisté sur le rôle des religieux au sein de la communauté car s’il appartient à l’autorité politique de définir et coordonner les politiques de drogues, les leaders religieux restent ceux qui maitrisent mieux l’environnement social et qui peuvent agir aussi bien sur le psychique que le spirituel de l’Homme’’.

Pour terminer, il a exhorté les leaders religieux à être des ambassadeurs de la lutte contre la drogue et à assurer la pérennité du processus au cours de leurs activités quotidiennes.

Le Représentant de l’ONUSIDA, Mr Demba Koné a, quant à lui, remercié les organisateurs pour cette belle initiative. Il a insisté sur la relation drogue et VIH et a fait remarquer que cette relation est l’un des défis majeurs du programme national de lutte contre le VIH. Et il attend beaucoup du RNSD et de sa collaboration avec les religieux qui, à coup sûr, peut contribuer à l’atteinte des indicateurs nationaux.


En communiquant sur le thème : « La situation de la drogue au Sénégal : Typologie et caractéristiques » Mme Fatou Fall Dia, Assistante Sociale Chargée du Plaidoyer et de la Communication du RNSD, a partagé les résultats de l’enquête UDSEN chez les usagers d’héroïne et/ou de cocaïne de la région de Dakar. Elle a également  parlé de la vulnérabilité des injecteurs face au VIH, à l’hépatite B et C et à la tuberculose.

Elle a illustré la présentation par des images et photos pour mieux édifier les religieux sur la sensibilité de la problématique mais également sur la nécessité d’accompagner les consommateurs de drogues afin de protéger les jeunes et les femmes qui sont les plus vulnérables. Elle a également insisté sur les comportements à moindre risque qu’adoptent actuellement la plupart des consommateurs de drogues qui sont suivis dans le cadre de ce programme.


Sur le thème : « Les Aspects de réduction des risques » Mme Fatou Fall Dia est partie du constat que l’Afrique de l’ouest est une zone de transit et de consommation de drogues injectables. Elle a parlé du contexte mondial qui montre qu’il y’a 27 millions de consommateurs de drogues dont environ 50% utilisant la voie injectable et 1,65 millions atteints du VIH. Elle a ensuite parlé du contexte africain qui montre qu’environ un million de personnes consomment des drogues injectables dont 5 à 10% sont considérées comme vivant avec le VIH.

Lors de son expose sur le thème : « Introduction aux concepts de plaidoyer suivant l’approche santé publique dans le respect des droits humains », Mr Bamar Gueye Directeur Exécutif ONG Jamra, spécialiste en plaidoyer, a donné quelques définitions après un brainstorming qui montre que le plaidoyer est une démarche pour influencer et/ou défendre une idée, une cause, un intérêt pour un changement. Il a ajouté qu’en général l’objectif de plaidoyer est CE QUE vous voulez changer, de COMBIEN et QUAND.

Par la suite, Mr Bamar a développé le thème : Conception des messages à vulgariser, Rôle et responsabilité des leaders Religieux sur la Réduction des risques.

Il a décrit le contexte qui montre que le Sénégal est un pays de croyants où les leaders religieux jouissent d’une autorité incontestable et sont très écoutés par les populations. Les pratiques et comportements des populations sont fortement influencés par les valeurs religieuses chrétiennes ou musulmanes. Il a donc de manière claire et précise, exhorté les leaders religieux à continuer à jouer leur important rôle dans la société en matière de plaidoyer en soulignant que le Leader Religieux doit être discret, serein clément et établir une relation de confiance avec le consommateur de drogues, et savoir pardonner à son prochain quel que soit ses tares et manquements car « Dieu ne change jamais l’état d’un peuple tant que ce peuple n’a pas changé en lui-même son comportement ».  

Le Leader Religieux doit avoir un rôle de veille et d’alerte tenant compte des écritures saintes car « Dieu a créé l’homme à son image » donc il faut protéger l’Homme (haïssez le mal et faire aimer le bien) chap5 V15. Le Leader Religieux doit prier pour le Consommateur de drogues et l’accompagner jusqu’à ce qu’il abandonne la drogue.


Les activités ont pris fin avec des travaux de groupe pour  impliquer encore plus les participants dans la mise en pratique des acquis de l’atelier.

Pour clôturer, Mr Gueye, après avoir souhaité un bon retour des participants, a remercié WACSI et OSIWA pour ce partenariat, le CILD, l’ONUSIDA et les leaders religieux pour leur disponibilité, leur engagement et leur détermination, les facilitateurs pour avoir bien managé l’atelier et les organisateurs pour la disponibilité de la logistique.

Par la Sécrétariat du Réseau Ouest Africain des Politiques en Matière de Drogue

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